Des éléments des forces armées tchadiennes séjournent dans deux hôpitaux de Yaoundé depuis le 9 décembre. Ces militaires, au nombre de 36, qui souffrent de plaies profondes et de traumatismes divers sont des victimes des affrontements entre l’armée régulière tchadienne et les rebelles. (...) Un dispositif de sécurité constitué de la police et de la gendarmerie nationale, a été formé autour des centres hospitaliers qui accueillent ces blessés.

Si l’accueil des blessés tchadiens dans nos hôpitaux ne pose aucun problème, une certaine cacophonie a entouré le transfert des concernés du Tchad à Yaoundé.

Les responsables de l’hôpital général de Yaoundé qui n’avaient pas été préalablement avertis de l’accueil de ces cas se sont surpris avec ces malades sans qu’une indication officielle leur soit donnée. Toutefois, apprend-on de sources proches du dossier, les soins sont entièrement pris en charge par le gouvernement tchadien.

Cependant, on note que l’information n’a pas circulé entre les membres du gouvernement. Le ministre de la Santé semblait ne pas être informé de cette évacuation sanitaire. Le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense n’était non plus informé de l’arrivée d’un avion militaire tchadien au Cameroun. Ce sont, selon nos informations, des sources hospitalières qui informent les ministères concernés pour conduite à tenir. (...)Comment un avion militaire a-t-il pu survoler le ciel camerounais sur plus de 1.200 kilomètres sans que l’armée nationale ne soit informée d’une quelconque opération ?

De plus, des informations font état de ce que, dans le contrat de prise en charge médicale des éléments de l’armée tchadienne, indique que les blessés devaient être pris en charge dans les hôpitaux du nord Cameroun. Le fait qu’ils se retrouvent dans les hôpitaux de Yaoundé soulève un hic, même si on peut considérer que le plateau technique de l’hôpital central et celui de l’hôpital général de Yaoundé pouvaient amener la partie tchadienne à préférer ces hôpitaux de référence.

Pour mettre cette affaire au clair, le ministre de la Santé publique s’est rendu dans les hôpitaux concernés le lundi 10 décembre au soir. La visite d’un émissaire du ministre de la Défense a aussi été signalée dans ces hôpitaux.
Ces événements surviennent après la reprise des hostilités au Tchad entre l’armée régulière et les rebelles hostiles au régime de Idriss Deby Itno.

Source:
La Nouvelle Expression du 14 décembre 2007