Reformer, c'est faire de nouveau ce qui a été fait, remettre en état, réparer ou simplement refaire, reconstituer. Reformer est différent de réformer qui signifie, corriger en supprimant ce qui est nuisible, retirer du service.

Reformer une armée, c'est la refaire sur des bases solides. Mais ce n'est pas une correction pour retirer le nuisible.

Tous, militaires, civils, politiciens, intellectuels, hommes de média, parlent de la nécessité d'une reforme de l'armée ivoirienne. Mais pourquoi reformer l'armée, et qui doit le faire?

Partant de la définition des deux mots qui semblent dire la même chose, il faut simplement retenir que l'armée ivoirienne mérite d'être reformée. La reforme s'impose parce que plus rien ne va, car l'armée se meurt et elle se meurt parce qu'elle perd ses valeurs.

Créer en 1960, l'armée ivoirienne a évolué jusqu'à une époque récente avec trois Bataillons d'infanterie auxquels s'ajoutaient des unités spécialisées: Escadron blindé de reconnaissance, Compagnie aéroportée, Batteries d'artillerie sol-sol et sol-air. Ces unités spécialisées prendront plus tard respectivement les noms de Bataillon blindé, Bataillon de commandos et de Parachutistes, Bataillon d'artillerie sol-sol et Bataillon d'artillerie sol-air. Le Groupement Aérien de transport et de Liaison  et la Marine nationale complétaient l'ensemble.
C'était certes une jeune armée, sous-équipée avec un effectif limité, mais, elle était forte, aimée et respectée parce qu'elle avait une base solide: la discipline. Ses animateurs que sont les militaires étaient des modèles.
Aujourd'hui, l'armée ivoirienne a perdu de son prestige. En effet, depuis environ deux décennies, la discipline qui faisait sa  principale force l'a "désertée" pour ne plus revenir. L'indiscipline a alors pris le pas sur la discipline.

Dans un souci de redressement, il est impérieux de reformer l'armée ivoirienne. Cette reforme n'implique pas l'adoption de nouvelles lois régissant l'institution militaire.
Un rôle doit être défini pour chacun. Le soldat fera son travail, le sous-officier se consacrera   à l'instruction de la troupe et l'officier commandera à tous ses hommes.

La reforme de l'armée (par le militaire) exige que tout soldat quel que soit son grade, révise son cours de Formation Commune de Base (FCB) pour  apprendre une fois encore le "MAMADIOUDEPAPORT" qui récapitule les sept principales fautes militaires. Ainsi, le manque de respect envers son supérieur, la manifestation d'opinion publique, la Divulgation du secret confidentiel, l'oubli de la dignité, la Détérioration volontaire du matériel appartenant à l'armée, la paresse et la négligence, le port irrégulier de l'insigne, sont autant de fautes que chacun devra se garder de commettre.
Pour ainsi dire, l'armée de Côte d'Ivoire a besoin d'être disciplinée, discrète, disponible et disposée aux ordres du chef. Il faut qu'elle se respecte pour se faire respecter.
Notre armée pourrait retrouver les valeurs qui la caractérisaient dans les années 60 où elle était sous-équipée mais aimée et respectée.
               Une armée forte n'est pas uniquement celle qui a les armes les plus redoutables, mais aussi et surtout celle qui est disciplinée et prête à la tâche!